Comment produire sans OGM ?

Différentes options de substitution du soja sont possibles. Certaines d'entre elles impliquent de modifier des pratiques d'alimentation de animaux,

  • en valorisant davantage les prairies,
  • en utilisant davantage la luzerne et des protéagineux,
  • en introduisant le tourteau de colza

Si cela semble assez facile pour les ruminants, il n'en n'est pas de même pour les porcs et les volailles. Supprimer le soja dans les élevages de poulets standards supposerait un changement du mode de production et l'allongement des périodes de croissance si les volailles étaient nourries avec davantage de céréales. Pas si simple. Cependant, il faut souligner qu'au-delà d'une simple stratégie de substitution, de nombreux éleveurs vont plus loin pour repenser leur mode de production : désintensification de la production laitière, élevages porcins sur paille et litière en substitution au porc sur caillebotis.

Faire évoluer sa façon de produire

L'herbe d'abord

(source FR CIVAM Normandie)

Meilleure alternative pour aller vers l'autonomie en protéines du système, la production sur la ferme est tout à fait possible. Plusieurs solutions sont envisageables. De la production par l'herbe aux cultures de protéagineux en pures pour compléter une alimentation avec du maïs, les multiples pistes vous sont présentées sur le site consommersansogmennormandie.org, dans la rubrique "produire" réalisée par la Fédération Régionale des CIVAM Normandie.

Remplacer le soja

(source Transrural initiatives)

Les élevages extensifs peuvent être autonomes grâce au pâturage et aux fourrages. Dans les autres élevages, les tourteaux de colza et de tournesol, la luzerne déshydratée, la féverole, le lupin et le pois protéagineux sont des substituts intéressants.

Des éleveurs veulent aussi se protéger des hausses de prix importantes et brutales du tourteau de soja importé. Ils se sont tournés vers un tourteau de colza enrichi en protéines et en énergie. Ce tourteau de colza a des valeurs nutritionnelles intéressantes pour la santé des animaux et la production de lait et de viandes.

Pour les porcins, il est également possible de réduire la consommation de soja en le remplaçant par des pois protéagineux, de la féverole ou du tourteau de colza.

C'est pour les volailles, les premières consommatrices de soja, qu'il est plus difficile de trouver des alternatives au soja. Une production comme la dinde exige notamment des taux très élevés de protéines dans son alimentation. Le pois protéagineux et la féverole peuvent cependant être introduits dans les rations.

Se fournir en aliments du bétail sans OGM 

Se faire accompagner pour une conversion au Bio

Pour être reconnu en agriculture biologique, tout agriculteur (ainsi que les transformateurs et dans certaines conditions les distributeurs) doit faire les démarches suivantes :

  • appliquer le règlement européen (CE n° 834/2007 et CE n°889/2008) qui indique les règles à suivre pour que la ferme soit reconnue en agriculture biologique. Il y a donc un seul cahier des charges pour toute l'Europe.
  • choisir un organisme certificateur qui vérifie la bonne mise en œuvre du cahier des charges.
  • se notifier à l'Agence Bio.

Le règlement européen définit une période de conversion : tout agriculteur qui démarre une activité en agriculture biologique applique le cahier des charges mais ne peut pas vendre avec l'appellation  « agriculture biologique ».Cette période dure 2 ans pour les cultures annuelles et les prairies, 3 ans pour les cultures pérennes (arboriculture et viticulture).

Au bout de 2 ans de conversion des terres, les productions animales sont commercialisables sous l'appellation «  agriculture biologique » si l'agriculteur a appliqué aussi le cahier des charges à cette activité.

Sur le site de l'Agence Bio (www.agence-bio.org), vous trouverez :

  • le règlement européen
  • les 8 organismes certificateurs agréés pour l'agriculture biologique
  • des informations générales sur l'agriculture biologique

La FNAB a créé un site internet spécifique à la conversion pour aider les agriculteurs dans leur réflexion lors d'un passage à l'agriculture biologique : www.conversionbio.org

Le site de Bio Centre (www.bio-centre.org), vous propose des informations sur l'agriculture biologique dans notre région et l'actualité régionale.

En région Centre, les agriculteurs qui souhaitent des renseignements sur l'agriculture biologique (les aides, l'accompagnement) contactent les pôles conversion de chaque département :

  • Cher (18) : 02 48 23 04 04
  • Eure et Loir (28) : 02 37 24 46 01
  • Indre (36) : 02 54 61 62 52
  • Indre et Loire (37) : 02 47 48 37 54
  • Loir et Cher (41) : 02 54 55 74 54
  • Loiret (45) : 02 38 88 55 64

Choisir une Agriculture Paysanne

agriculture-paysanneL'agriculture paysanne porte en elle trois dimensions aussi fondamentales les unes que les autres :

  • Elle a une dimension sociale basée sur l'emploi, la solidarité entre paysans, entre régions, entre paysans du monde. Le respect du droit à produire pour chaque paysan et chaque région est fondamental, sinon les plus puissants empièteront sur le droit de vie des autres, ce qui n'est pas gage d'équilibre et d'humanité. L'agriculture paysanne permet à un maximum d'actifs d'exercer la profession agricole.
  • Elle doit être économiquement efficace. Elle doit créer de la valeur ajoutée, par rapport aux moyens de production mis en œuvre et aux volumes produits. C'est la condition pour que les paysans puissent vivre avec des volumes de production relativement modestes, condition pour maintenir des actifs nombreux. Cette production économiquement efficace va de pair avec une production de qualité.
  •  Elle doit respecter les consommateurs et la nature. C'est la contrepartie obligatoire à la contribution de la collectivité au secteur agricole. Il s'agit ici de la qualité alimentaire, des équilibres écologiques, de paysages, de la bio diversité, etc...

La prise en compte de ces différentes dimensions dépend des choix personnels de paysans (c'est la notion de responsabilité de chacun), mais aussi du cadre politique : la politique agricole, par ses choix, peut favoriser ou handicaper l'avancée vers ce type d'agriculture.

L'agriculture paysanne doit permettre à un maximum de paysans répartis sur tout le territoire de vivre décemment de leur métier en produisant sur une exploitation à taille humaine une alimentation saine et de qualité, sans remettre en cause les ressources naturelles de demain. Elle doit participer avec les citoyens à rendre le milieu rural vivant dans un cadre de vie apprécié par tous.

Diagnostic Agriculture Paysanne

Diagnostic-Agriculture-PaysanneL'accompagnement des producteurs à la démarche d'agriculture paysanne peut commencer par un Diagnostic Agriculture Paysanne. Le Diagnostic Agriculture Paysanne est un outil de dialogue avec les consommateurs. Il propose au producteur de faire le point sur les dimensions sociales, économiques et environnementales de son exploitation. Il permet alors de communiquer sur son métier, ses choix de production, sur ses pratiques et de les faire évoluer, notamment concernant l'autonomie protéique.

Ce diagnostic vous donnera une vision globale de votre exploitation dans son environnement.

A partir de ce diagnostic, nous pourrons établir des pistes d'amélioration qui pourront être partagées avec d'autres paysans ayant eux-aussi réalisé un diagnostic et être réévaluées à l'aide d'un deuxième diagnostic.

En cela, pour une ferme, l'Agriculture Paysanne est davantage une démarche, capable de la faire évoluer.

 

Contacts en région Centre

  • ADDEAR 18 - Tél : 02 36 40 91 57 - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
  • ADEARI 36 - Tél : 02 54 61 62 40 - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
  • ADEAR 37 - Tél : 02 47 28 52 16 - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
  • ADDEAR 41 - Tél : 02 54 56 00 71 - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
  • ADEAR 45 - Tél : 02 38 53 45 85 - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

En région:

  • ARDEAR - Tél : 02 54 43 32 94 - Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
    Village de l'Arrou - 87A, route de Château-Renault - 41000 BLOIS

Les semences paysannes pour une autonomie plus globale

SemencePendant des millénaires, on n'a parlé que de semences ou de plants, toute semence étant « par nature » le résultat du travail des paysans. Au siècle dernier apparu la profession de semencier, et de pépiniériste. Aujourd'hui, si le geste premier du paysan est de faire sa semence, on peut dire qu'il n'y a quasiment plus de paysans ni de semences paysannes en Europe.
En effet, si plus d'un cultivateur de céréales sur deux ressème encore le grain récolté en revenant toutes les deux ou trois campagnes à l'achat de semences certifiées, une poignée seulement d'entre eux fait un véritable travail de sélection leur permettant de travailler de manière totalement autonome leurs propres variétés. Quant aux autres espèces, maïs, fourragères, légumes, arbres fruitiers, vignes... toutes leurs variétés viennent de la coopérative, du semencier ou du pépiniériste. Il s'en est suivi une extraordinaire érosion de la diversité des plantes cultivées au point qu'aujourd'hui quelques variétés de blés, très proches génétiquement les unes des autres, couvrent 80% de l'assolement annuel en blé, et que 80% des légumes cultivés il y a cinquante ans ont disparu.

Vous avez dit semences paysannes ?

Les semences paysanne sont des semences reproductibles sélectionnées et multipliées par des paysans dans les fermes en conditions réelles de production, parfois avec la collaboration de sélectionneurs, et issues de méthodes de sélections à la portée de l'utilisateur final, paysan ou jardinier. Les semences paysannes ont été baptisées ainsi pour les distinguer des semences certifiées produites par les entreprises semencières. Elles se distinguent aussi d'une partie des semences fermières, celles qui sont multipliées à la ferme à partir de la récolte de variétés commerciales modernes. Les semences paysannes sont donc des semences directement issues de celles que les paysans et les semenciers traditionnels ont sélectionnées et multipliées dans les champs avant le développement dès le milieu du siècle dernier des biotechnologies de manipulation des cellules puis des gènes des plantes.

De nombreuses études ont révélé une qualité nutritive supérieure des variétés paysannes.

Dans le cas du maïs population* par exemple, son taux de protéines est supérieur de 10 à 20% à celui des hybrides F1 (témoins ou de référence)

*ensemble de plantes qui se reproduisent librement entre elles au cours de leur culture dans un même milieu biologique, auquel elles ont adaptées.

La qualité et la productivité des plantes cultivées dépendent avant tout de leur adaptation au milieu environnant dans lequel elles vivent :

Du fait qu'elles n'ont pas été « bousculées » par la sélection moderne, les semences paysannes sont encore porteuses de valeurs agronomiques et qualitatives plus variées et plus riches que les variétés modernes disponibles sur le marché des semences. Ainsi, les populations* et variétés de pays que l'évolution vers le rendement avait poussé prématurément dans la voie de garage répondent bien à la demande des agriculteurs en ce qui concerne l'adaptation des plantes aux techniques d'agricultures durables et raisonnables.

Moins exigeantes en intrants et plus adaptables aux changements climatiques qui se profilent, leur culture peut permettre de résoudre une bonne partie des problèmes agronomiques qui se traitent actuellement à grand renfort de pesticides ou de bricolages génétiques.

Semences Paysannes est un réseau constitué d'une soixantaine d'organisations, toutes impliquées dans des initiatives de promotion et de défense de la biodiversité cultivée et des savoir-faire associés.

Outre la coordination et la consolidation des initiatives locales, le Réseau Semences Paysannes travaille à la promotion de modes de gestion collectifs et de protection des semences paysannes, ainsi qu'à la reconnaissance scientifique et juridique des pratiques paysannes de production et d'échange de semences et de plants.

www.semencespaysannes.org

Campagne pour une reconnaissance des droits des agriculteurs sur les semences

SemenceLe Réseau Semences Paysannes et une coalition d'organisations lancent une campagne nationale pour une loi de reconnaissance des droits des agriculteurs sur les semences paysannes et fermières.

Soutenez-nous en visitant nos pages Campagne 2011 Droits des agriculteurs et en allant sur le site dédié à la campagne http://semonslabiodiversite.com

 

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