Produire

Éditorial

 Depuis l'aube de l'humanité, les premiers hommes, poussés par l'impérieuse nécessité de se nourrir, se sont efforcés d'apprivoiser leur environnement. Passer du statut de cueilleur-chasseur prélevant dans la nature les moyens de leur subsistance à celui d'agriculteur, leur a permis de s'affranchir des aléas de la simple cueillette et de commencer à mieux maîtriser leur approvisionnement.

Utiliser la semence prélevée sur leur récolte est en ce sens un acte fondateur d'autonomie et de liberté acquise sur leur environnement. Semer et resemer sans dépendre ni techniquement ni financièrement d'autrui.

Cette indépendance gagnée sur la nature est en passe d'être confisquée par les industriels de la technologie du génétiquement modifié.

Aujourd'hui, la technique OGM sur les semences nous est présenté comme une alternative pour moins utiliser de pesticides, et même comme l'avenir de l'agriculture biologique. Pourtant, on constate déjà que l'utilisation de ces produits peut même augmenter, car les plantes et les insectes censés être éradiqués mutent à leur tour et développent des résistances.

C'est un fait : par le biais de l'alimentation du bétail, les OGM rentrent déjà dans la chaîne alimentaire. Grande productrice de céréales, la région Centre est aussi une région d'élevage. Elle importe une partie de ses protéines, sous forme de tourteaux de soja en provenance du Brésil et de l'Argentine essentiellement, pour nourrir ses porcs, volailles et bovins pour le lait et la viande. Ce soja que l'on importe à 90 % est à 85 % transgénique.

Certains producteurs élèvent pourtant des animaux sans recours aux OGM, soit parce que leur système de production garantit l'autonomie en aliment du bétail sur leur ferme, soit en recourant à des fournisseurs garantissant la traçabilité d'une filière Soja non OGM.

Le site internet "Consommer et Produire sans OGM en Région Centre" a été conçu pour mettre en avant les efforts de ces producteurs, avec la volonté d'informer sans stigmatiser et de sensibiliser les consommateurs et les producteurs.

A moyen terme, l'objectif est principalement de développer les alternatives au soja OGM importé, en produisant nos propres protéines pour renforcer l'autonomie de nos fermes.

Consommer sans OGM, c'est encourager et soutenir les éleveurs engagés dans une démarche éthique et cohérente.

Produire sans OGM, c'est garantir la biodiversité et la présence d'une agriculture vivrière et diversifiée sur l'ensemble des territoires.

Confédération Paysanne

Emmanuel Leroux.

Porte -parole de la Confédération Paysanne du Centre

 

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