Le rassemblement citoyen « Consommateurs pas cobayes » a déposé une plainte « auprès de l’État français et de l'Union européenne » pour non respect de la réglementation sur « l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et à l'accès à la justice en matière d'environnement », le 9 février 2016. L'objectif est d'obtenir davantage de transparence sur la traçabilité des OGM et notamment de rendre obligatoire l'étiquetage des produits des animaux nourris aux OGM.

Source : Agrafil du 10 février 2016

Une merveilleuse technologie à double pouvoir selon ses promoteurs. Les OGM auraient d'abord la possibilité d'atténuer les changements climatiques en permettant de diminuer l'usage des pesticides, fortement émetteurs de gaz à effet de serre par leur production et leur utilisation, et de réduire les labours qui libèrent du carbone. Encore mieux, le développement des OGM permettrait d'obtenir des plantes résistantes aux sècheresses ou aux inondations, et donc de s'adapter aux changements climatiques !

Vraiment ?

En fait, les tolérances des OGM à un (ou plusieurs) herbicides ou insecticides crée rapidement des résistances et des adaptations qui font apparaître dans les champs nombre de plantes indésirables ou de ravageurs. Il faudra alors utiliser encore plus de pesticides pour y faire face !
Quant à la question du non-labour, il n'a pas de sens et d'impact s'il est réalisé dans une démarche d'agriculture industrielle, qui fait appel à des systèmes sans rotation de culture ou les herbicides sont légion. En Argentine, le non-labour sur le soja Round Up Ready de Monsanto a détruit des hectares de prairies et de forêts, donc d'indispensables puits de carbone.
L'adaptation aux dérèglements climatiques est le leurre suprême. C'est la complexité génétique et une biodiversité naturelle riche qui permet à la nature de s'adapter, pas sa destruction !
Les OGM appartiennent à un système agro-alimentaire industriel qui brevette le vivant, accapare les savoir-faire paysans, empêche et détruit les pratiques de l'agriculture paysanne et dont l'ensemble de la chaîne est fortement émettrice de gaz à effet de serre et destructrice pour le climat. Un très bon moyen donc de faire du profit sur le dos des dérèglements climatiques et en méprisant les paysans !

Source : Confédération paysanne

Dans le cadre de son plan de contrôle annuel visant à vérifier l'absence d'OGM dans les lots de semences mis en culture en France, la DGCCRF (répression des fraudes) a décelé trois anomalies (sur 84 lots de semences, dont deux tiers de maïs) à l'état de «traces» inférieures au seuil de quantification de 0,1%. Dans un compte rendu paru le 25 novembre, la DGCCRF explique que les anomalies concernaient un lot de colza, et deux lots de maïs où ont été retrouvés les maïs transgéniques DAS 59122 et MON 810.

Source : agrafil du 27 novembre 2015

Le Parlement a définitivement adopté dans la nuit du 24 au 25 novembre 2015 le projet de loi transposant les nouvelles règles européennes d'autorisation de mise en culture des OGM. Ce projet sur «l'adaptation au droit de l'UE en matière de prévention des risques» transpose notamment une directive européenne adoptée en début d'année 2015 et qui permet aux États membres d'interdire cette mise en culture, même en cas de feu vert de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), en invoquant des raisons socio-économiques, environnementales ou liées à l'utilisation des terres agricoles. Les États membres autorisant les cultures devront aussi prendre des mesures pour prévenir la contamination des cultures non-OGM, notamment dans les pays voisins. Le maïs MON810, seul OGM actuellement autorisé dans l'UE, est cultivé dans trois États: 110 000 hectares en Espagne, 9 000 au Portugal et 3 000 en République tchèque.

Les réticenses de l’Assemblée

L'Assemblée avait déjà adopté la directive le 17 novembre. Les écologistes jugent cette directive «dangereuse pour nos choix de société» et le PRG alarme quant à la «liberté de manœuvre probablement préjudiciable, car tous les Etats n'ont pas les mêmes armes économiques et démocratiques pour faire face aux pressions des industriels». La crainte a été soulignée, notamment par M. Krabal que « cette législation va être la source de contentieux. Elle va faciliter l’importation d’OGM sur notre territoire (...) et, surtout, elle va de nouveau accentuer les distorsions de concurrence et affaiblir nos agriculteurs ». Ni l'écologiste Brigitte Allain ni l'UDI Bertrand Pancher n'ont réussi à faire adopter un étiquetage obligatoire des produits alimentaires issus d'animaux nourris par des OGM. Brigitte Allain souligne dans un communiqué le 15 septembre 2015 qu’« en France, les OGM représentent une part significative dans l’alimentation de près de 80 % des élevages, selon les professionnels du secteur. Il s’agit de soja et de maïs NK603 associé à l’herbicide Roundup, importés des États-Unis et d’Amérique latine ». Une pétition, ayant recueilli près de 100 000 signatures, réclame l'étiquetage obligatoire des produits alimentaires issus d’animaux nourris aux OGM, selon le communiqué.

Source : agrafil des 19 septembre et 26 novembre 2015, infogm.org

Bruxelles donne son feu vert à la commercialisation des 17 variétés en attente

Comme attendu, la Commission européenne a approuvé le 24 avril la mise sur le marché communautaire des 17 variétés OGM qui étaient en attente pour l’importation à des fins d’alimentation humaine et animale. Bruxelles n’avait donné son feu à aucun OGM depuis fin 2013. Lors de la publication de sa proposition de renationalisation de autorisations d’utilisation des OGM le 20 avril, la Commission avait prévenu qu’elle débloquerait sous peu ces dossiers. Il s’agit de dix nouvelles variétés (un maïs, cinq sojas, un colza et trois coton) qui vont s’ajouter à la liste des 58 OGM actuellement autorisés dans l’UE, et du renouvellement de sept autres déjà autorisées (deux maïs, un colza et quatre cotons).

Une nationalisation des autorisations d'importation inquiète l'alimentation animale

Coop de France Nutrition Animale (les coopératives) et le Snia (industries de l'alimentation animale) «alertent les pouvoirs publics et tous les acteurs de la chaîne alimentaire sur cette menace qui pèse sur l'élevage français», selon une note des deux organisations publiée, le 24 avril. Deux jours auparavant, la Commission européenne proposait une nationalisation des autorisations pour les importations d'OGM à destination de l'alimentation humaine et animale. «Les Etats membres qui limiteraient la commercialisation d'OGM s'exposeraient à des surcoûts de production importants», affirme Coop de France NA et le Snia.

«Jean-Claude Juncker se couche devant le lobby des entreprises transgéniques», lance José Bové

« Je suis scandalisé par la décision de la Commission européenne. En autorisant au niveau européen 19 OGM, le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker se couche devant le lobby des entreprises transgéniques», a déclaré l'eurodéputé José Bové, le 24 avril dans un communiqué. Bruxelles a approuvé, ce jour, la mise sur le marché communautaire des 17 variétés OGM (et de deux variétés de fleurs OGM) qui étaient en attente pour l’importation à des fins d’alimentation humaine et animale. Bruxelles n’avait donné son feu vert à aucun OGM depuis fin 2013. «Le Premier Ministre Manuel Valls doit se montrer très ferme», poursuit J. Bové, «il doit interdire ces OGM, en France, pour l’alimentation des animaux».

source : agrafil du 27 avril 2015

Un nouveau décret vient de sortir :

Considérant que la réglementation n’était pas suffisamment précise, les législateurs ont décidé d’encadrer l’utilisation de la mention « sans OGM » sur les emballages. Dorénavant, seuls les produits contenant plus de 95% de soja peuvent porter la mention « sans OGM » en face avant. Ainsi, sur une galette végétale qui contient 75% de tofu et 25% de légumes, nous ne sommes plus autorisés à mentionner « soja sans OGM » en face avant.

Ce décret ne concernant que les produits fabriqués en France, tous les produits importés peuvent continuer d’afficher « soja sans OGM ».

Source : BioLinéaires

Le département américain de l’Agriculture (USDA) a révélé le 26 septembre que du blé OGM non autorisé a été découvert dans le Montana en juillet. Il s’agit du deuxième cas, après celui intervenu en mai 2013 dans l’Oregon dont la révélation avait déclenché un embargo de plusieurs pays asiatiques et des contrôles renforcés à l'importation au sein de l’UE. Aucun lien n’a pu être établi entre eux, les variétés étant différentes. Le blé résistant aux herbicides a été trouvé sur environ 1 ha dans le Montana, tandis que la variété OGM dans l’Oregon a été découverte sur 40 ha. A propos du cas récent, la parcelle est située dans le centre de recherche universitaire de Huntley, où des expérimentations ont été menées légalement par Monsanto onze ans plus tôt. Le blé OGM de l’Oregon a été découvert dans un champ n’ayant jamais connu pareils tests, soulevant des questions sur l’origine d’une telle présence. Monsanto avait suggéré l’an dernier que des opposants avaient pu semer intentionnellement le blé OGM.

(Source : agrafil)

« Bientôt dans vos assiettes », c’est le titre de la nouvelle enquête du reporter Paul Moreira qui sera diffusée ce soir à 20h45 sur Canal+ pour le magazine d’investigation 90 minutes. Dans ce documentaire, le journaliste mène une enquête de terrain sur les OGM. « J’ai voulu sortir des querelles de laboratoires et remonter toute la chaîne » explique le réalisateur Paul Moreira, enquêtant depuis les champs de la pampa argentine, haut lieu de production, jusque dans les coulisses des ambassades ou les réunions de lobbyistes à Bruxelles.

En Argentine, il découvre au fil des rencontres avec des dirigeants, des agronomes ou au contact des populations affectées « qu’après quinze ans d’applications, le Roundup pulvérisé sur le soja transgénique ne tue plus les mauvaises herbes ». Il révèle alors la face cachée des OGM : des cocktails aléatoires de pesticides, pour certains interdits en Europe, sont épandus pour lutter contre les mauvaises herbes devenues tolérantes. Ingénieurs et autorités admettent alors ne rien savoir des risques pour la santé de ces mélanges chimiques. Depuis la province du Chaco, « la nouvelle frontière agricole argentine », il donne un éclairage glaçant d’une guerre sociale larvée contre les pauvres des campagnes. Les laissés pour compte de l’agriculture industrialisée sont chassés de leur terre à coup de fumigation et leurs enfants sont victimes d'expositions régulières aux produits chimiques épandus sous leurs fenêtres.

Il cherche alors à « comprendre comment les OGM modifiaient le monde et comment ils avaient réussi à s’imposer de manière aussi implacable », revenant notamment sur les stratégies d’influence des entreprises du secteur, comme Monsanto, Dupont ou Dow. Il rappelle notamment l’influence des ambassades américaines dans le soutien aux biotechnologies comme le révéla Wikileaks en publiant des milliers de câbles diplomatiques. Dans les coulisses de la politique étrangère américaine se dévoile alors l’importance géostratégique des OGM pour les intérêts économiques et sécuritaires des États-Unis. Pas étonnant dès lors que des lanceurs d’alertes, comme le Pr Séralini, soient si violemment attaqués lorsqu’ils évoquent « les risques cachés de ces plantes pesticides ».

Alors, les OGM « bientôt dans nos assiettes » ? Le titre fait référence au projet d’accord transatlantique (TAFTA/TTIP) négocié depuis juin 2013, car il s’agit en effet pour nombre d’observateurs, comme l’Eurodéputée Corinne Lepage, de la nouvelle étape de cette « guerre de basse intensité » pour imposer les OGM dans le monde et qui pourrait « remettre en cause le principe de précaution ». Ces accords imposeraient alors aux Européens d’abaisser leurs normes sanitaires ou exposeraient les États réfractaires à des poursuites financières menées par les multinationales du secteur agrochimique.

Le reporter Paul Moreira réussit ainsi à dresser un tableau global de la question OGM, où la géopolitique et les intérêts économiques d’États et d’entreprises sont confrontés aux réalités agricoles et sanitaires d’une technologie qui s’est imposée sur de fausses promesses au sacrifice des populations rurales et de la santé.

Bientôt dans vos assiettes... de gré ou de force ! de Paul Moreira (Premières lignes télévision) sur Canal + le lundi 1er septembre 2014 à 20h45

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